Conférence : 70ème Anniversaire du 6 juin 1944 (1ère Partie)

 

  • Quels souvenirs avez-vous de ce jour ?
  • Quand et comment avez-vous appris le débarquement des alliés ?

 

Avec ( de gauche à droite ) : Jacques Petit, Philippe Arnould, Peter Sosnkowski, Pierre Chaignon.

Philippe Arnould

En juin 1944, Philippe a 18 ans et il passe son Bac Philo le 2 et le 3. Une fois les épreuves terminées, il décide de rentrer à Deauville. C’est ainsi que le 5 juin au matin, il se rend avec ses bagages à Saint-Lazare dans l’espoir de trouver un train pour la Normandie. Mais les voies ont été bombardées vers Asnières, et il faut aller à Poissy en bus. Là, il y a 3 wagons mais sans locomotive. Elle finit par arriver, et avec elle, un wagon plateau chargé d’une mitrailleuse lourde allemande anti-aérienne.

 

Le train est parti, mais il stoppe tous les 5 à 6 kilomètres. Passé la gare d’Elisabethville près de Flins, le convoi s’arrête à nouveau dans un petit bois. Par la fenêtre de son compartiment, Philippe voit des gens s’enfuir à toutes jambes à travers bois. La panique s’installe parmi les voyageurs. Il saute par la fenêtre pour aller s’abriter sous les arbres.

 

17 avions tournent dans le ciel comme des oiseaux de proie. Ce sont des appareils britanniques  munis chacun de deux bombes.  34 bombes.  Tout à coup, une flamme gigantesque de 15 à 20 mètres de haut. Et c’est la course jusqu’à sortir du bois. Les avions se regroupent et mitraillent les uns derrières les autres. La DCA allemande riposte, mais criblée, se tait rapidement. Les balles passent à quelques mètres au dessus de sa tête (Philippe pensera tout de même à ramasser deux douilles qu’il nous montre). Il s’effondre au milieu des poireaux  et attend une mort devenue inévitable, mais l’avion s’éloigne, il se relève… vivant !

 

Trempé, crotté, il regagne la voie ferrée. Le troisième wagon, le sien, est intact, et il peut récupérer ses bagages. Par miracle il n’y a eu que peu de victimes. Les morts et les blessés ont été ramassés de l’autre côté du train. La chance a voulu qu’il se soit enfui du bon côté.

 

Philippe regagne Paris à bord d’un camion-benne avec une vingtaine d’autres voyageurs.  A Paris il retrouve sa marraine chez qui il loge et lui raconte son histoire en détail. C’était « son jour le plus long ».

Le 6 juin, vers 6 heures, il charge sa bicyclette de tous ses bagages . Direction : la Normandie. Vers 9 heures,  arrivé à Mantes la Jolie, il décide de se faire offrir un petit café chez l’oncle Gaston car la route est encore longue jusqu’à Deauville.

 

« Mais  où vas-tu ? interroge Gaston. Ils ont débarqué ! » « Quoi ? Aujourd’hui ? Ce n’est pas possible ! » Et ils allument la radio anglaise :  « Ici Londres. Aujourd’hui 6 juin 1944. Les armées de votre libération ont atteint ce matin les côtes normandes. Restez chez vous. De violents combats se déroulent en ce moment. Courage, les moments décisifs de votre libération approchent. »

 

Heureux mais un peu abasourdi, il n’est plus question de regagner Deauville. Il ira  chez son oncle Maurice à Saint Germain sur Indre.  250 km en vélo ne lui font pas peur !

 

Son père viendra le chercher à Saint Germain au mois d’Octobre pour regagner Deauville.

 

Pierre Chaignon

Le matin du 6 juin 1944, Pierre est chez lui à Avranches. Il note la présence de plus d’avions que d’habitude.

Il gagne à pieds la ferme de ses parents, située à 3 km, et croise une grande quantité de personnes qui fuient. « On ne sait pas où aller ! » s’esclament ces pauvres gens.  « Venez à la maison !» leur propose Pierre.

 

Le soir, à la ferme, il faut nourrir et héberger 200 personnes. Dans une telle exploitation, nourrir autant de réfugiés n’est pas un problème. En revanche,  trouver un lit pour tout le monde est impossible. Ils dormiront, pour la plupart, dans la paille.

 

Ces 200 réfugiés resteront 3 mois, du 7 juin au 28 août. Une vraie communauté avec partage des taches et 5 services successifs à chaque repas pour nourrir tout le monde.

 

Jacques Petit

En juin 1944, Jacques faisait parti de la Police d’Etat à Paris.

 

Il y avait alors une crainte importante: la vengeance de l’armée allemande ( à juste titre sachant que 2 mois plus tard, le Gouverneur de Paris, le Général Von Choltitz recevra l’ordre d’Hitler de ne pas laisser la ville aux Alliés autrement que sous la forme d’un champs de ruines) .

 

Il faisait attention à ne pas trop sortir dans Paris compte tenu des nombreux coups de feux. Il devait également faire attention à ne pas retourner chez son père pour ne pas que les Allemands viennent le chercher et l’intégrer au STO.

 

Peter Sosnkowski

Le 6 juin 1944, Peter a 10 ans, il est pensionnaire au Canada. Tous les enfants ont été réveillés tôt le matin pour apprendre la grande nouvelle du débarquement en Normandie.

 

Peter insiste sur le rôle fondamental joué par les soldats polonais dans la libération. La 1ère Division Blindée Polonaise, avec à sa tête le général Maczek, faisait partie de la 1ère armée Canadienne du général Créar et débarqua à Juno.

 

Le but du débarquement sur les côtes normandes était de créer une tête de pont, une interface sûre entre le monde allié et l’Europe à libérer. C’est ainsi qu’après avoir fait la Campagne d’Italie, le père de Peter est passé par la Normandie.

 

Au cours de la campagne d’Italie, les Polonais se sont illustrés notamment en prenant le Monte Cassino le 18 mai 1944, débloquant une situation figée depuis le mois de Janvier et ouvrant ainsi la route de Rome.

C’est à partir des plages de Juno que les Polonais ont pris la direction de la Poche de Falaise pour jouer un rôle clé dans l’issue victorieuse de cette bataille meurtrière.

 

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Ensuite le Président nous a montré quelques photographies de Deauville en 1944.

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