Conférence : 70ème Anniversaire du 6 juin 1944 (2ème Partie)

 

  • Quels souvenirs avez-vous de ce jour ?
  • Quand et comment avez-vous appris le débarquement des alliés ?

 

Avec : Gérald de Chenay, Maurice Delange, Maurice Lafaye et Jacques Poilleux

 

Gérald de Chenay

Gérald, habitant au Maroc à l’époque, nous parle de ses souvenirs de la présence de l’armée américaine en Afrique du Nord.

 

Le 8 novembre 1942 a lieu le débarquement allié en Afrique du Nord. C’est l’Opération Torch. Elle permet d’établir un nouveau front et de poursuivre la stratégie d’encerclement  de l’ennemi en occupant le littoral sud méditerranéen. Les troupes se divisent en trois. La Center Task Force et la Eastern Task Force parties d’Angleterre, doivent attaquer Oran et Alger, tandis que la Western Task Force, venant des États-Unis débarque au Maroc.

C’est ainsi que le jeune Gérald, âgé alors de 6 ans est témoin de cette opération historique. Il est véritablement impressionné par le matériel américain qui débarque des bateaux alliés pendant des heures jusqu’à ne plus savoir où le mettre. Il se souvient d’avoir accueilli ces américains avec le V de la Victoire (inventé par Churchill), les poches remplies de bonbons et des premiers Chewing-gum.

 

Sa maman étant canadienne et parlant ainsi anglais, la famille accueillait volontiers les soldats venus d’outre-Atlantique.  Un jour, elle dit ne plus arriver à trouver d’œufs, et un américain de dire « tous les matins, j’en mange cinq ». Un peu plus tard, « je n’ai plus d’ampoule », et un soldat lui en apporte une grande quantité (elles sont à vis au lieu d’être à baïonnettes,  mais ce n’est pas grave, des adaptateurs sont rapidement fournis). De même, lorsqu’il n’y a plus de beurre, les soldats américains peuvent apporter de la margarine.

 

Gérald se souvient enfin que les soldats américains « sentaient bons ». Ils avaient du savon Swan, un savon qui flottait dans l’eau se rappelle notre ami.

 

 

 

Maurice Delange

En Juin 1944, Maurice n’a pas tout à fait 16 ans et il passe son baccalauréat. Les copies de l’examen n’ont pas pu être portées à Caen, et heureusement, car le centre de correction y a été détruit par les bombardements. Les copies sont restées à Honfleur et il faut attendre le mois d’Août pour qu’elles soient corrigées à Paris.

 

Le 6 juin, l’information est connue : « Ils ont débarqué ». Dans Honfleur, les soldats allemands se mettent en position de combat, les rassemblements de plus de 2 personnes sont interdits et tous les bateaux de pêche sont coulés à raison d’une grenade par bateau.

 

Dans la nuit du 6 juin, une seule bombe tombe sur Honfleur, dans une cour située derrière la pharmacie du Passocéan.

 

Les premiers Alliés que Maurice rencontre sont des parachutistes anglais le 24 août en fin de journée.

 

 

 

 

Maurice Lafaye

Le 6 juin 1944, Maurice Lafaye a 16 ans, et il vit à Paris. Il est en 1ère au Lycée Buffon où un copain lui annonce « ils ont débarqué ! » Il rentre à la maison annoncer la bonne nouvelle, mais sa maman ne le croit pas. En fait, elle ne voulait pas croire sans être absolument sûre.  Radio Paris ne parle pas de cet événement historique.

 

Le père de Maurice achète alors une TSF pour écouter les Anglais, et le lendemain, grâce aux ondes anglaises, ils ont bien la confirmation de la nouvelle.

 

A Paris, la vie continuait comme avant, les soldats allemands toujours présents, mais peut-être un peu plus nerveux.

 

Un matin d’Août, il va chercher de la nourriture au Secours National, esplanade des Invalides. Malheureusement, il n’y a plus rien, et il faut attendre pour que soient livrés des haricots. Il patiente dehors, et c’est alors qu’arrivent sur l’esplanade trois chars Sherman. Ils ouvrent le feu sur les Affaires Etrangères. Maurice regarde cette scène « en spectateur ».

 

Il faut alors charger les haricots sur la charrette et partir. Vers la Seine, c’est impossible, donc il se dirige vers les Invalides. Il voit alors sorti du char un soldat groggy puis deux autres. Ce sont des Canadiens.

 

 

 

Jacques Poilleux

En Juin 1944, Jacques n’a que 6 ans et n’a aucun souvenir du débarquement. Il habitait Paris et se souvient mieux de la libération de Paris deux mois plus tard. Il se rappelle ainsi des FFI postés sur les toits depuis lesquels ils tiraient pendant 2-3 jours avant la libération.

 

La descente des Champs-Elysées du Général de Gaulle avec une masse humaine importante l’a également beaucoup marqué.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Son père étant Chirurgien, il a également vu passer beaucoup de blessés, notamment suite au bombardement de Boulogne Billancourt en Septembre 1943.

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